mercredi 3 août 2011

Lilychocolat, l'amie des bêtes


[A l’heure où j’écris ce post, mon voisin d’en face, dans la maison de retraite, nous passe du Johnny à fond les ballons, donc excusez-moi si le récit est un peu décousu (bon, un peu PLUS décousu que d’habitude, cela s’entend), parce que se concentrer avec Oh Marie… pas évident-évident, voyez.]

Il y a quelques temps, monsieur Hautecorne, le voisin qui vit en face de la famille Chocolat, a dit à Papa Chocolat « ouah hé trop fort, je t’ai vu hier soir sur ton canapé ». Or ça, Papa Chocolat ne le tolère pas. Il s’est dit qu’il lui fallait un écran de verdure sur son balcon pour couper la chique à Hautecorne. D’autant plus que Hautecorne est un grand malade qu’il ne faut pas chatouiller. Par exemple, quand un petit caïd a pénétré par effraction dans le parking du sous-sol pour tirer une caisse, il est tombé sur Hautecorne qui bricolait sa moto. Il n’a pas été déçu du voyage : il s’est fait bouffer l’oreille dans la bagarre, dis donc. Il a même été chez les flics porter plainte ! Si on peut plus voler tranquille, non plus...

Bref. Tout ça pour vous dire que si vous croisez Tyson euh pardon Hautecorne dans l’immeuble, filez droit, sinon il vous machouillera le lobe, quelque chose de bien. Papa Chocolat a donc réquisitionné le père Bribri et ensemble, un soir, ils ont rapporté des bambous.

Ah pour ça, ça fait bien écran, les bambous. Mais ça boit beaucoup. Alors quand la famille Chocolat part au fin fond de la Normandie en ouacances, c’est bibi qui se colle à l’arrosage. Et chaque été, c’est la saga. Ah non, mais les Cœurs Brûlés et autres Zodiaque peuvent carrément aller se rhabiller. Avec Lilychocolat, vous embarquez chaque été dans du suspense et de l’aventure ! L’été dernier, c’était Lilychocolat chasse le pigeon. Un pigeon avait fait son nid dans les bambous, et il s’en est suivi un sacré combat psychologique, semaine après semaine. Je peux vous dire que des plumes ont volé et que des œufs ont fini en omelette sur la terrasse du voisin du 1er (beurk… et oups). 

Il faut dire que Lilychocolat a déjà des antécédents avec les volatiles. L’été 2004, elle a par exemple rencontré un poulet psychopathe...

Bribri et moi visitions une ferme hippie dans le Rhode Island (quoi ? On s’amuse comme on peut quand on est dans le Rhode Island je vous ferais dire), lorsque tout à coup ! Un poulet s’est mis en travers de mon chemin. Bon, je me suis écartée et j’ai poursuivi ma route pour aller voir les lamas. Mais le poulet ne l’entendait pas de cette oreille (ça a une oreille, le poulet ?) et il s’est mis à me courser comme un malade… Je vous jure, il avait un regard de tueur, ce poulet! J’ai fondu droit sur mon mari en criant « Bribri ! Bribri ! Au secours ! ». Il en rigole encore. 

Alors cette année, c’est Lilychocolat et le rouge-gorge. Le plus mignon des rouges-gorges de la Terre s’accrochait aux branches des bambous quand je suis arrivée. Je lui ai dit « Salut, mon gars, mais qu’est-ce que tu fais là, faut que j’arrose les bambous, rapport à Hautecorne et tout ». Et ben Luigi (oui, je l’ai baptisé Luigi), lui, a compris « ben viens, entre donc dans l’humble demeure de mes parents, ils sont partis et j’ai les clés, ramène les merles, on va faire une soirée mousse, ça va être de la bombe, bébé ». Et sur ces entrefaites, il est entré.

Luigi a ensuite visité le salon, et s’est exclamé « hé ! Vise un peu l’halogène ! ». Il s’est installé dessus et a commencé à piquer un roupillon.

Rha non mais non mais non, me disais-je, ça va pas, ça. Ca va pas du tout !!! Si Luigi a par exemple un côlon sensible et qu’il se lâche dans le salon des parents… Ou qu’il devient complètement fada et se cogne aux murs ? T’imagines ? 

Réfléchis, Blondie! m’encouragé-je. Faut le faire sortir! A la Sauvez Willy, en quelque sorte. 

Le hic : hors de question que je l’attrape avec les mains. Alors là, le cerveau en ébullition qui cherche, cherche, quand soudain… l’illumination ! Attirer le bestiau dans une assiette avec de la bouffe (sur moi, ça marcherait, en tout cas) et lui rendre sa liberté. Oh mais quel plan béton ! Me voilà donc dans la cuisine à la recherche de graines pour oiseau. Hinhin. Y’en n’a pas. Est-ce que des galettes bretonnes en miettes feraient l’affaire ?

Me voici donc, perchée sur ma chaise, une assiette pleine de miettes de galettes bretonnes à la main en train de faire « piti, piti, piti ! ». Luigi ouvre un petit œil noir qui semble dire « c’est qui c’te folle ? Et d’où qu’elle me réveille, d'abord ? ». Il regarde l’assiette, puis moi, puis l’assiette. Et se rendort.

Nouilles salées et pinces à linge ! juré-je.

N’écoutant que mon courage, faisant fi de mes craintes, et, tel D’Artagnan bravant la difficulté, je me jette alors d’un coup, d’un seul… 

Sur le téléphone. Pour appeler mon mari. Qui est arrivé hilare.

Ca y est. Luigi est parti. Ibiza, Rome, ou Melun, qu’en sais-je ?

Ah oui : désormais, Bribri veut que je rajoute sur son CV « bird whisperer » ou encore « l’homme qui murmurait à l’oreille des zoiseaux ».

 

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